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E-commerce et logistique : comment rester conforme au RGPD ?

Que se passe-t-il réellement lorsque vous cliquez sur « valider ma commande » sur un site e-commerce ? Une mécanique complexe s’active en coulisses : données personnelles collectées, commandes transmises, produits préparés, livraisons orchestrées…
Au cœur de cette chaîne, une ressource sensible circule à chaque étape : vos données.

E commerce et logistique comment rester conforme au RGPD

Pour les acteurs du e-commerce, la gestion de ces informations personnelles ne se limite pas à une case à cocher. Elle engage leur responsabilité juridique. Entre réglementation européenne, multiplicité des intervenants (e-commerçants, logisticiens, transporteurs, marketplaces) et attentes croissantes des consommateurs en matière de confidentialité, la conformité au RGPD n’est plus une option, c’est un levier stratégique.
Dans cet article, nous décryptons les obligations clés, les bonnes pratiques et les pièges à éviter pour concilier efficacité logistique et respect des données personnelles, à la lumière du webinaire animé par Haas Avocats et Allolog.

Qu’est-ce qu’une donnée personnelle dans le e-commerce ?

Une donnée personnelle, c’est toute information permettant d’identifier directement ou indirectement une personne physique : nom, prénom, email, adresse IP, numéro de commande, choix du transporteur, etc.

  • Dans un parcours d’achat, ces données sont omniprésentes :
  • À la commande : nom, adresse, email, téléphone, produits achetés.
  • À la préparation : identifiants, SKU, quantités, conditionnements.
  • À la livraison : adresse, point relais, suivi, confirmation.
  • Après la vente : retours, service client, SAV.


La sensibilité ne réside pas uniquement dans leur contenu, mais dans leur usage : une adresse cryptée sur une marketplace, une adresse mail absente sur certaines plateformes, une récupération via API… Tout peut générer des tensions entre accessibilité opérationnelle et exigences de confidentialité.

RGPD et logistique : qui fait quoi ?

L’une des clés de compréhension réside dans les statuts définis par le RGPD :

  • Le responsable de traitement est celui qui détermine les finalités (ex : livrer un colis) et les moyens (ex : choix du transporteur, outil utilisé).
  • Le sous-traitant agit pour le compte du responsable de traitement, selon ses instructions (ex : le logisticien comme Allolog).
  • Le sous-traitant ultérieur intervient en bout de chaîne, sur demande du sous-traitant (ex : le transporteur).


👉 Exemple :

  • Un e-commerçant vend un livre sur sa boutique PrestaShop : il est responsable de traitement.
  • Il mandate Allolog pour préparer et expédier le colis : Allolog est sous-traitant.
  • Allolog transmet les données au transporteur : celui-ci est sous-traitant ultérieur, sauf s’il les utilise à d’autres fins, auquel cas il peut devenir responsable de traitement indépendant.

Marketplaces et propriété des données : un flou stratégique

Un point sensible soulevé dans le webinaire : les marketplaces comme Amazon, Fnac ou Etsy transmettent souvent des données « cryptées » (email, téléphone), voire incomplètes.

Pourquoi ? Parce qu’elles souhaitent conserver le contrôle sur le client final. Ce n’est pas une question de propriété (le RGPD ne reconnaît pas de droit de propriété sur les données), mais bien de maîtrise des usages.
D’où des stratégies de cloisonnement technique pour limiter les usages commerciaux post-achat.

Cela génère des frictions pratiques :

  • Livraison impossible sans coordonnées complètes ;
  • Retours non réceptionnés faute d’email de contact ;
  • Réclamations clients mal gérées.


La solution ne passe pas par un affrontement juridique, mais par une organisation contractuelle et technique rigoureuse.

Quels risques en cas de non-conformité RGPD de mon site e-commerce ?

Le non-respect du RGPD n’est pas une simple formalité manquée :

  • Sanctions administratives jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 % du CA mondial ;
  • Sanctions pénales : jusqu’à 5 ans de prison et 300 000 € d’amende pour certaines infractions ;
  • Réputations entachées ;
  • Actions judiciaires engagées par les personnes concernées.


Sans oublier les risques concrets :

  • Livraison non assurée ;
  • Service client dégradé ;
  • Rupture de confiance avec les consommateurs.

Une conformité RGPD au service de l’efficacité logistique du e-commerce

Être conforme au RGPD ne freine pas l’activité. Au contraire, cela permet :

  • D’automatiser les échanges (via API plutôt que fichiers manuels) ;
  • De gagner en fluidité avec ses partenaires ;
  • D’assurer la traçabilité des commandes et des incidents ;
  • De rassurer les clients sur la confidentialité de leurs données.

Checklist juridique RGPD, E-commerce et Logistique

Voici les réflexes à adopter à chaque étape de la chaîne e-commerce :

  1. Clarifier les rôles dans vos contrats
    • Identifier précisément le rôle de chaque intervenant
    • Rédiger des clauses RGPD dédiées dans les contrats (durées de conservation, mesures de sécurité, instructions).

  2. Limiter les accès aux données utiles
    • Appliquer le principe de minimisation : accéder uniquement aux données strictement nécessaires à la mission.
    • Exemple : Allolog demande un accès API restreint aux commandes et fiches produits, sans accès aux données marketing.

  3. Sécuriser les échanges
    • Bannir les fichiers Excel envoyés par email sans sécurité.
    • Préférer les connexions API sécurisées et documentées.
    • Vérifier les mesures de sécurité technique (chiffrement, hébergement européen, authentification forte).

  4. Définir des durées de conservation adaptées
    • Ne pas supprimer les données immédiatement après la livraison.
    • Conserver les traces de livraison pendant 5 ans pour assurer la traçabilité, la gestion des litiges et la preuve juridique.

  5. Encadrer les transferts à des tiers
    • Vérifier les pratiques des transporteurs : sont-ils sous-traitants ou responsables de traitement ?
    • Interdire toute réutilisation des données à des fins marketing non autorisées.

  6. Outiller et former les équipes
    • Catégoriser les traitements dans un registre RGPD.
    • Mettre en place des procédures en cas d’incident (fuite de données, erreur de destinataire).
    • Former les opérateurs aux bons réflexes (accès limité, sécurité, suppression encadrée).

Conclusion

La conformité RGPD dans le e-commerce n’est pas une contrainte, c’est un levier de performance. Elle sécurise les relations entre e-commerçants, prestataires logistiques et clients. Elle permet de fluidifier les opérations, de gagner en transparence et de limiter les risques.

Le bon réflexe ? S’équiper juridiquement, documenter ses pratiques, et s’entourer de partenaires conscients de leurs responsabilités.

Vous avez un doute sur vos pratiques logistiques ? Un contrat à relire ? Contactez les équipes de Haas Avocats pour un accompagnement opérationnel, accessible et expert.

FAQ sur le RGPD et l’e-commerce

Est-ce que l’adresse IP est une donnée personnelle ?

Oui, même une adresse IP locale est une donnée personnelle car elle permet une identification indirecte.

Ce n’est pas interdit, mais fortement déconseillé si l’envoi n’est pas sécurisé. Préférez une interface API ou un dépôt chiffré.
Non. Il faut conserver les données pendant la durée nécessaire à la finalité du traitement (livraison, SAV, preuve en justice…).
Tout dépend de ses usages. S’il détermine ses propres finalités (ex : étude marketing), il est effectivement responsable de traitement pour ces usages.
Oui, y compris les traitements logistiques. Cela inclut les transferts à des prestataires et les durées de conservation.