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L’actualité juridique numérique de la semaine – 7 avril 2026

Gérard Haas et son équipe ont compilé pour vous les actualités clés afin de vous permettre de rester à jour sur les dernières tendances et évolutions des secteurs juridique et numérique !
Technologie et droit : expert en droit digital, protection des données, et innovations juridiques pour les entreprises.

Actualité 1 – Projet de code de bonnes pratiques sur le marquage des contenus générés par IA
Actualité 2 – A l’ère de l’IA, pourquoi les cabinets d’avocats délaissent la facturation à l’heure
Actualité 3 – Une loi ouvre la voie à la vidéosurveillance par intelligence artificielle contre le vol en magasin
Actualité 4 – Apple condamné en appel face à l’UFC-Que Choisir
Actualité 5 – Gestion des ressources humaines : la CNIL publie un référentiel de durées de conservation

Actualité 1 – Projet de code de bonnes pratiques sur le marquage des contenus générés par IA

La Commission européenne présente les avancées vers un encadrement volontaire visant à améliorer la transparence des contenus générés par intelligence artificielle.

Contexte
Dans le cadre de la mise en œuvre du règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act), la Commission européenne travaille à l’élaboration de codes de bonnes pratiques destinés à accompagner les acteurs du secteur dans leur mise en conformité. Ces initiatives visent notamment à répondre aux enjeux croissants liés à la désinformation, aux deepfakes et à la traçabilité des contenus générés par IA.

Résumé des faits

  • La Commission européenne a publié une deuxième version préliminaire d’un code de bonnes pratiques consacré au marquage et à l’étiquetage des contenus générés par IA.
  • Ce document vise à aider les fournisseurs de systèmes d’IA à mettre en œuvre des mécanismes de transparence conformes aux exigences du futur cadre réglementaire.
  • Le projet met l’accent sur des solutions techniques permettant d’identifier clairement les contenus générés ou modifiés par IA, comme les filigranes numériques ou les métadonnées.
  • Il encourage une harmonisation des pratiques entre acteurs pour garantir une meilleure lisibilité pour les utilisateurs finaux.
  • Le texte est soumis à consultation et pourra être ajusté avant son adoption finale, en intégrant les retours des parties prenantes.
  • Ce code s’inscrit dans une démarche plus large visant à responsabiliser les développeurs et diffuseurs de technologies d’IA.

Impact juridique
Ce projet de code de bonnes pratiques constitue un outil d’accompagnement vers la conformité au futur AI Act, en particulier sur les obligations de transparence applicables aux systèmes génératifs. Il préfigure des standards techniques et organisationnels susceptibles d’être utilisés comme références par les autorités de régulation pour évaluer le respect des obligations légales. À terme, même s’il demeure volontaire, son adoption pourrait influencer l’interprétation des exigences réglementaires et renforcer la responsabilité des acteurs en matière d’information des utilisateurs et de lutte contre les contenus trompeurs.

Lien vers l’actualité : Commission Européenne

Actualité 2 – A l’ère de l’IA, pourquoi les cabinets d’avocats délaissent la facturation à l’heure

Forbes analyse la transformation du modèle économique des cabinets d’avocats sous l’effet de l’intelligence artificielle, en mettant en lumière l’abandon progressif du modèle traditionnel de facturation à l’heure.

Contexte
L’essor des outils d’intelligence artificielle dans le secteur juridique permet d’automatiser un grand nombre de tâches auparavant chronophages, comme la recherche juridique ou la rédaction de documents. Cette évolution remet en question le modèle historique de facturation au temps passé, pilier économique des cabinets d’avocats depuis des décennies.

Résumé des faits

  • Un cabinet d’avocats spécialisé en intelligence artificielle a fait le choix de supprimer la facturation à l’heure au profit de modèles alternatifs.
  • L’utilisation de l’IA permet de réduire drastiquement le temps nécessaire à la réalisation de certaines missions juridiques.
  • Le modèle traditionnel devient moins pertinent, car il pénalise l’efficacité et ne reflète plus la valeur réelle du travail fourni.
  • Le cabinet privilégie désormais des forfaits ou des abonnements, offrant plus de prévisibilité aux clients.
  • Cette transformation répond également à une demande croissante des clients pour des coûts plus transparents et maîtrisés.
  • Le recours à l’IA permet aux avocats de se concentrer davantage sur des tâches à forte valeur ajoutée, comme le conseil stratégique.

Impact juridique
Cette évolution soulève des enjeux importants en matière de régulation de la profession d’avocat et de déontologie, notamment sur la transparence des honoraires et l’obligation d’information des clients. Elle pourrait conduire à une redéfinition des standards de facturation et à une adaptation des règles professionnelles pour intégrer ces nouveaux modèles économiques. Par ailleurs, l’intégration massive de l’IA dans la pratique juridique pose également des questions de responsabilité, de confidentialité et de qualité des prestations fournies.

Lien vers l’actualité : Forbes

Actualité 3 – Une loi ouvre la voie à la vidéosurveillance par intelligence artificielle contre le vol en magasin

Presse Agence met en lumière l’évolution du cadre légal français permettant le recours à la vidéosurveillance augmentée par intelligence artificielle dans la lutte contre le vol en magasin.

Contexte
Face à l’augmentation des vols à l’étalage et aux pertes économiques pour les commerçants, les autorités françaises cherchent à moderniser les outils de sécurité. L’intégration de technologies d’intelligence artificielle dans les dispositifs de vidéosurveillance s’inscrit dans cette dynamique, tout en soulevant des interrogations importantes en matière de protection des données personnelles et de respect des libertés individuelles.

Résumé des faits

  • Une évolution législative récente permet d’expérimenter ou de faciliter l’usage de systèmes de vidéosurveillance intégrant de l’intelligence artificielle dans les commerces.
  • Ces technologies permettent d’analyser en temps réel les comportements jugés suspects afin de prévenir les vols.
  • Les dispositifs peuvent détecter automatiquement certains gestes ou situations à risque, alertant ainsi les équipes de sécurité.
  • L’objectif est de renforcer l’efficacité des dispositifs existants tout en limitant les pertes liées au vol.
  • Cette innovation s’inscrit dans un cadre encore encadré et expérimental, avec des garanties à respecter.
  • Le sujet suscite des débats, notamment sur les risques de surveillance généralisée et d’atteinte à la vie privée.

Impact juridique
L’introduction de la vidéosurveillance par intelligence artificielle soulève des enjeux majeurs en matière de conformité au RGPD et au droit français, notamment concernant la proportionnalité des dispositifs, la finalité du traitement et l’information des personnes filmées. Elle implique également un encadrement strict des conditions d’expérimentation et d’utilisation, ainsi qu’un contrôle accru des autorités comme la CNIL. À terme, ces dispositifs pourraient conduire à une évolution du cadre réglementaire applicable à la vidéoprotection, en intégrant explicitement les technologies d’analyse automatisée des comportements.

Lien vers l’actualité : Presse Agence

Le Journal de l’Économie relate la condamnation en appel de Apple dans un litige l’opposant à UFC-Que Choisir, portant sur des pratiques jugées préjudiciables aux consommateurs.

Contexte
Depuis plusieurs années, les grandes entreprises technologiques font l’objet d’une attention accrue des autorités et des associations de consommateurs en Europe. Les pratiques commerciales, les conditions d’utilisation et la gestion des données personnelles sont particulièrement scrutées, dans un contexte de renforcement de la protection des consommateurs au niveau national et européen.

Résumé des faits

  • Apple a été condamnée en appel dans un litige engagé par l’UFC-Que Choisir.
  • L’affaire portait sur certaines clauses ou pratiques considérées comme déséquilibrées ou abusives à l’égard des consommateurs.
  • La décision confirme la responsabilité de l’entreprise et renforce la position de l’association de consommateurs.
  • Cette condamnation s’inscrit dans un contentieux plus large opposant régulièrement les grandes plateformes numériques aux associations et régulateurs européens.
  • Le jugement souligne la nécessité pour les entreprises de garantir des conditions contractuelles équitables et transparentes.

Impact juridique
Cette décision illustre le renforcement du contrôle juridictionnel sur les pratiques des grandes entreprises technologiques, notamment en matière de droit de la consommation. Elle confirme que les clauses abusives ou déséquilibrées peuvent être sanctionnées, y compris en appel, et encourage une vigilance accrue dans la rédaction des conditions générales d’utilisation. Plus largement, elle participe à consolider la jurisprudence protectrice des consommateurs et pourrait inciter les entreprises du numérique à adapter leurs pratiques contractuelles pour se conformer aux exigences du droit français et européen.

Lien vers l’actualité :  Journal de l’Économie

La CNIL présente un nouveau référentiel encadrant les durées de conservation des données à caractère personnel dans le domaine des ressources humaines.

Contexte
La gestion des données RH implique le traitement d’un volume მნიშვნელოვანი de données personnelles sensibles tout au long du cycle de vie des salariés et des candidats. Dans un contexte de renforcement des exigences du RGPD, les employeurs doivent s’assurer que ces données ne sont conservées que pour une durée strictement nécessaire aux finalités poursuivies.

Résumé des faits

  • La CNIL a publié un référentiel dédié aux durées de conservation des données dans le domaine des ressources humaines.
  • Ce document vise à accompagner les employeurs dans leur mise en conformité avec les obligations issues du RGPD.
  • Il précise, pour chaque catégorie de données (recrutement, gestion du personnel, paie, etc.), des durées de conservation recommandées.
  • Le référentiel distingue les phases de conservation en base active, d’archivage intermédiaire et d’archivage définitif.
  • Il fournit également des exemples concrets pour aider les organisations à adapter leurs pratiques.
  • Ce cadre constitue un outil pratique pour limiter les risques juridiques liés à une conservation excessive ou inadaptée des données.

Impact juridique
Ce référentiel, bien qu’il ne soit pas juridiquement contraignant, constitue une référence importante pour démontrer la conformité au RGPD, notamment au principe de limitation de la durée de conservation. En cas de contrôle ou de contentieux, les entreprises qui s’y conforment pourront plus facilement justifier leurs pratiques auprès de la CNIL. À l’inverse, un écart significatif avec ces recommandations pourrait être considéré comme un manquement aux obligations en matière de protection des données personnelles, exposant les organisations à des sanctions.

Lien vers l’actualité : CNIL