Découvrez les 10 derniers articles rédigés par les avocats du cabinet Gérard-Haas (par ordre chronologique) dans la catégorie « Diffamation ».

       
A votre écoute : Contactez nous

Adresse : 87 boulevard de Courcelles. 75008 Paris, FRANCE

Téléphone : +33 1 56 43 68 80

Télécopie : +33 1 40 75 01 96

Courriel : contact@haas-avocats.com

Pour recevoir un devis personnalisé à votre adresse, cliquez sur le bouton ci-dessous et laissez vous guider : ➤ Posez nous vos questions
       
Domaines de compétences

Difficile qualification des faits en matière d’infractions de presse

3 mai 2011 par Gérard Haas

Voici une affaire qui illustre parfaitement les difficultés que rencontrent les professionnels du droit dans la qualification des faits : Injure ou diffamation.

En l’espèce le Ministre de l’Intérieur avait porté plainte pour diffamation publique envers la police, contre des manifestants de soutien à des étrangers sans papier qui avaient diffusé des tracts affirmant que « les méthodes brutales de la police aux frontières, arrestation, perquisition, visent en priorité, dans l’esprit de ses agents souvent familiers des idées racistes, les noirs et les arabes ».

La cour d’appel de Rennes avait déclaré les prévenus coupables du délit de diffamation publique envers une administration publique et les a condamné de ce chef à une peine d’amende assortie du sursis. En effet, elle avait jugé que l’affirmation susmentionnée renfermait l’imputation d’un fait précis au sens de l’article 29 de la Loi du 29 juillet 1881 dirigé à l’encontre des corps de police, revêtant « un caractère outrancier inutilement blessant, excédant ce qui est tolérable dans le débat politique ».

Un pourvoi fut formé aux motifs que l’affirmation litigieuse ne renfermait aucune articulation précise de faits de nature à faire l’objet d’une preuve ou d’un débat contradictoire et qu’elle exprimait une opinion critique sur les pratiques d’une administration publique, relevant du débat d’idées.

Tenant le même raisonnement que celui tenu par l’Assemblée plénière dans un arrêt similaire rendu le 25 juin 2010, la cour de Cassation considère que l’expression incriminée ne renfermait pas de faits précis de nature à être sans difficulté l’objet d’une preuve et d’un débat contradictoire et qu’elle ne pouvait dès lors pas être qualifiée de diffamation, mais seulement d’opinion injurieuse.

En conséquence, la Cour de cassation casse et annule l’arrêt, sans renvoi.

Cet arrêt illustre le fait qu’en matière de restriction à la liberté d’expression et de délits de presse, la Cour de Cassation est de plus en plus restrictive dans son appréciation de « l’imputation d’un fait précis » portant atteinte à l’honneur ou à la réputation d’une personne, dans les hypothèses où les propos incriminés sont outranciers et expriment une opinion critique, même excessive…

Diffamation ou injure, la qualification juridique demeurera donc complexe.

Article disponible dans les rubriques : Diffamation, E-Réputation
Experts auprès de l'OHMI et membre
HAAS Société d'avocats - 87 bd de Courcelles. 75008 Paris - Tél. 01 56 43 68 80 - Mentions légales - Tous droits réservés. Copyright 1998-2012
Maître Gérard Haas défend et protège
les acteurs de l'e-commerce