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Quand l’IA transforme les photos d’ados en armes numériques

Les adolescentes deviennent des cibles de plus en plus fréquentes de contenus sexuels fabriqués par intelligence artificielle (IA).
Un jeune homme utilise son smartphone dans une ville éclairée la nuit, illustrant l'importance des technologies digitales dans le domaine juridique et l'innovation chez Haas Avocats.

En effet, des outils et sites permettent de générer, à partir d’une simple photo, des images ou vidéos dénudant des mineures. Ces pratiques, qui se propagent très fortement, soulèvent des enjeux d’une gravité extrême en matière de protection des jeunes, de sécurité numérique et de responsabilité à la fois des auteurs et des plateformes.

IA, images sexuelles et atteintes graves aux droits des mineures

Des applications permettent ainsi la création, en quelques secondes seulement, de photomontages ou de vidéos à caractère sexuel.

A titre d’exemple, dans la Manche, un jeune homme a diffusé des images générées par IA impliquant plusieurs collégiennes, conduisant à une condamnation à deux ans de prison avec sursis et des interdictions de contact avec des mineurs. Ce type d’incidents se multiplie désormais dans de nombreux établissements scolaires français.

Quand l’IA devient arme contre les mineures

Même lorsque celles-ci sont fabriquées, ces images provoquent traumatisme, honte et culpabilité. Celles-ci peuvent être utilisées dans le cadre du revenge porn[1], de harcèlement ou encore de chantage sexuel, en ce bien souvent compris par d’autres mineurs.

Par ailleurs, la plupart des victimes ne recherchent pas à signaler les faits litigieux, rendant l’ampleur exacte du problème complexe dans sa réelle estimation.

Répression pénale et cadre juridique face aux crimes sexuels numériques impliquant des mineurs

La loi du 21 mai 2024[2] punit de deux à trois ans de prison et de 60 000 à 75 000 euros d’amende la diffusion de contenus sexuels, réels ou générés par IA, sans consentement, avec des peines aggravées pour diffusion via les réseaux sociaux.

Malgré ce cadre juridique, il reste difficile d’identifier, de sanctionner les auteurs, et de supprimer définitivement les contenus diffusés. Par ailleurs, les condamnations en la matière sont rares et dépendent du profil et de la motivation de l’auteur, allant de simples blagues adolescentes à des actes pédocriminels.

Au‑delà des victimes directes, ce phénomène soulève des enjeux majeurs concernant l’usage de l’IA dans la société, la responsabilité des plateformes et l’efficacité des lois face aux technologies émergentes. Il semble devenir essentiel de concilier innovation numérique et protection des individus, en mettant en œuvre des mesures préventives afin de limiter l’exploitation malveillante de l’IA et en assurant une régulation adaptée dans un contexte où ces outils paraissent toujours plus puissants et accessibles.

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Le cabinet HAAS Avocats est spécialisé depuis trente ans en droit des nouvelles technologies et de la propriété intellectuelle. Il accompagne les acteurs du numérique dans le cadre de leurs problématiques judiciaires et extrajudiciaires relatives au droit de la protection des données et de l’intelligence artificielle. Dans un monde incertain, choisissez de vous faire accompagner par un cabinet d’avocats fiables. Pour nous contacter, cliquez ici.

[1] Contenu sexuellement explicite de manière publique, partagé en ligne sans le consentement de la ou des personnes concernées, en guise de vengeance.

[2] LOI n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique (1) – Légifrance